La Gestalt

 

Les lignes qui suivent vont vous permettre d’en savoir un peu plus sur la Gestalt et ses spécificités. Tout au moins vous pourrez appréhender quelques particularités de cette approche thérapeutique existentialiste et humaniste qui font sens pour moi, dans ma pratique, comme dans ma vie.

Bien évidemment, pour me rencontrer ou pour commencer une thérapie, participer à un stage, suivre une de mes formations...  il n’est pas nécessaire de tout avoir lu, de tout comprendre.

Mais, pour ceux et celles qui ont envie d’en savoir un peu plus avant de décider, qui ont besoin de comprendre pour se rassurer, voici quelques pages qui énoncent quelques principes de base auxquels je suis très attentive dans mon accompagnement de Gestalt thérapeute.

 

La Gestalt, une psychothérapie existentielle humaniste

 

Certaines thérapies sont centrées sur le pourquoi du traumatisme. En identifiant la/les  cause(s), souvent multiples, difficiles à cerner, elles envisagent de résoudre les conséquences. 
D'autres approches partent du principe que  les causes traumatiques ont façonné notre façon d’être au monde, et que cela se rejoue en permanence dans notre présent. Bien sûr il sera utile d’identifier les origines des difficultés, de faire des liens entre le vécu passé et les souffrances actuelles, d’ écouter et d’entendre le parcours douloureux de chacun, et d’y mettre - peu à peu - du sens.
Mais le travail se fera essentiellement  avec ce qui est, aujourd’hui, présent, dans la vie du client et dans le cadre de la relation thérapeutique. Il s’agira d’observer, dans l’ici et maintenant, les croyances, attitudes, comportements, pour « mettre en lumière » les dysfonctionnements  et transformer le processus de Vie.

La Gestalt-therapie, aussi appelée Gestalt, est une Psychothérapie existentielle humaniste, créée par Fritz Perls, psychiatre et psychanalyste allemand, émigré en Afrique du Sud puis aux USA, autour de 1942. L'ouvrage repère : "Le Moi, la faim et l’agressivité", a été co-écrit avec son épouse Laura Perls. Le second ouvrage "Gestalt thérapie" sera rédigé avec l'aide de  Paul Goodman – artiste et auteur critique-, et Ralph Hefferline- professeur de psychologie à Columbia- en 1951 .

La Gestalt est une théorie, et une psychothérapie humaniste holistique, c'est-à-dire une démarche permettant de chercher des réponses à des difficultés existentielles avec une prise en compte de la globalité de la personne :  Serge Ginger, qui nous a permis de connaître cette approche en l'important en france, l'illustre selon le Pentagramme comprenant les 5 dimensions de l'être 

  • le rationnel :    pensées, analyses
  • l'affectif :          émotions et relationnel
  • le corporel :      physique et matériel
  • le social :          environnement présent et passé
  • le monde :        valeurs, croyances, sens

 

Nos objectifs permanents

 

  • mettre l’accent sur  la liberté de choix de chacun. L’homme ne peut échapper à la réalité de son statut d’Etre autonome sans y perdre sa liberté. Le choix est la condition intrinsèque à cette autonomie. Et.... ne pas choisir, c’est choisir!
  • Favoriser la responsabilité de chacun, et la co-responsabilité relationnelle. Il ne s’agit pas de culpabilité, qui nous rend victimes et passifs, mais bien de la décision d’être responsables de nos actes, selon le contexte, et de leurs conséquences.
  • Améliorer la capacité d’ajustement créatif de chacun, ajustement aux personnes et aux situations. En toutes circonstances, la recherche de la troisième voie – autre que  "blanc ou noir" - permet de faire évoluer la situation, au profit de plus de satisfactions… et - c'est vrai -  au prix de frustrations aussi.
Le Processus et  la qualité de présence Gestaltiste

 

La Gestalt, considérée comme une thérapie de la relation, s’intéresse au processus en cours dans la relation thérapeutique (mot qui signifie en latin progrès, marche en avant)

La problématique amenée va être observée  dans l'ici et maintenant, dans l’intéraction avec l’autre - le thérapeute, le groupe, l’ environnement-. Et, à partir de ces constats, mis en lumière, nous allons chercher d'autres voies qui ouvrent d'autres possibles. 
Ce qui est primordial c’est  la valeur du lien qui va se créer, la qualité de présence du thérapeute, et la dynamique du processus dont client et thérapeute seront co-responsables et garants.
Cette rencontre se fait – au delà des places de thérapeute et de client - au niveau de deux Etres, dans leur globalité.

Le choix et l’engagement du thérapeute Gestaltiste est d’être là, pleinement présent à lui-même, à l’autre et au processus de la relation. Il va mettre en travail sa propre vision des choses, et s'appuyer sur son ressenti (awareness) pour affiner les prises de conscience des dysfonctionnements. Il sera authentique et vrai, au service du processus,  pour aller vers l'autonomisation de son client..

 

"Contact" avec soi pour du "contact" avec les autres

 

Chacun de nous dans son passé, en situation de souffrance, de difficulté, a mis en place des stratégies complexes afin de moins souffrir, de répondre à son environnement et de  tenter d’obtenir la satisfaction de ses besoins. Ces comportementaux étaient vitaux, et à ce titre doivent être respectés. 

Pour certains ce sera la « coupure » avec soi-même et les ressentis profonds, au profit d'une traversée rationnelle des écueils de la vie. Pour d’autres c’est une difficulté dans le lien aux autres, ou tout au contraire une trop grande perméabilité à l’autre, un besoin de tout contrôler, de tout gérer, l’incapacité à accepter ce qui est, tout simplement, et à trouver l’ajustement nécessaire, etc. 

Et puis, au fil du temps, cette façon d'être devient handicapante, insatisfaisante. Elle crée un dysfonctionnement, un manque de fluidité dans la relation, engendre solitude, souffrance, frustrations, … et exige d’être modifiée.

La gestalt nous aide à remettre du "contact" avec nous-même - nos émotions, nos ressentis -  et avec les autres. Dans ce travail nous allons :

  • mettre en lumière ces processus : les coupures avec soi  avec les autres, la quête fusionnelle, les évitements, etc
  • en identifier les composants, les causes, le mal-être,  ....mais aussi les bénéfices secondaires
  • ressentir, accueillir et entendre les émotions  qui en ont découlé,
  • prendre en compte le corps et ses manifestations somatiques
  • tenir compte de la réalité de l'environnement, pour chercher comment faire "avec"
  • puis imaginer, ensemble, d’autres ajustements plus sains, avec - c’est vrai - des risques : celui de la perte du scénario habituel sécurisant même s'il est souffrant, celui de la rencontre avec soi humblement humain, celui de la découverte des autres, celui de la responsabilité de nos choix : évoluer, modifier nos comportements, ou les maintenir avec les conséquences.
Empathie et Sympathie !  Indispensable Awareness

 

Selon Carl Rogers, l'empathie consiste à saisir avec autant d'exactitude que possible, les références internes et les composantes émotionnelles d'une autre personne et à les comprendre comme si l'on " était cette autre personne". Dans sa définition étymologique , il s'agit de "la capacité à souffrir avec", mécanisme par lequel il nous est possible de comprendre les sentiments et les émotions d'un autre, ses états non-émotionnels comme ses croyances.

En complément j'aime à parler de la posture de «sympathie». Au sens, non le plus usuel, mais en tout cas, étymologique, la sympathie est « la tendance à partager les émotions d’autrui, à réduire les barrières qui séparent les individus, pour entrer en contact proche avec d'autres êtres, en apparence étrangers, et se révéler capables d'imaginer et de laisser résonner en soi cette part de l’autre ».

Il n’y a pas tant de « comme si »  qu'un « et si » qui permet la résonnance, l’imaginaire… et exige la vérification permanente de la justesse de la pensée, ce qui va permettre de sortir des "projections" et des interprétations, croyances, pensées "à la place de ..."

  • Cette proximité empathique exige la conscience du risque de fusion, de confusion et, par voie de conséquence, la recherche de la juste distance,celle qui n’envahit pas, ne confond pas et n’abandonne pas.
  • cette juste distance favorise la différentiation et l’individuation.
  • chacun gagne en autonomie, savoir être distincts, séparés, et en lien.


Indispensable Awareness !

...un peu de traduction pure : sensibilité, conscience, avoir connaissance de, prendre conscience de …..

Donc un état très particulier de vigilance à soi même, d’écoute sans tension et  sans jugement, de qualité de présence à soi, à l’autre, et au déroulé du processus. L’effort permanent de mise en conscience de ce qui est et qui émerge, ici et maintenant.

C’est l’un des outils primordiaux du thérapeute Gestaltiste. Lui-même et son écoute de lui-même ! non pas comme pur narcissisme ou égoisme, mais comme « outil de résonnance »,  qui lui permet d’entendre au-delà des mots, entre les lignes, au travers du non verbal, dans un partage conscient avec son client.

Or, le thérapeute étant consciemment différencié de son client :  il ne sait pas pour l'autre, ne va pas deviner ! il va devoir vérifier sans cesse la justesse de son ressenti, de ses imaginaires, de sa compréhension de l’autre, dans un échange permanent constructif. Dans ce travail d'écho-miroir il va permettre à son client d'affiner sa connaissance de lui-même, de définir son "qui suis-je"..

 

Phénoménologie,  Existentialisme et pressions existentielles

 

La phénoménologie, ou Science des phénomènes, nous propose d’observer ce qu’il se passe chez la personne, dans un instant donné, sans interprétation, ni jugement, ni explication ou référence au passé.

La conscience que nous avons du monde est toujours influencée par notre histoire, nos croyances… et par nature le monde est bien autre encore que notre vision de lui. C’est ici qu’intervient la volonté de chacun de découvrir, de chercher, de savoir, plus et encore plus.

L’existentialisme, philosophie et courant littéraire dont Sartre a été l’un des créateurs, est socle de la gestalt thérapie. L'homme est libre, et non  déterminé. C'est ce qu'il fait, ce qu'il choisit, qui le fait devenir ce qu'il est. Il doit trouver en lui ses propres valeurs et doit décider les actes qu'il commettra. C'est par sa conscience que l'être humain donne un sens à sa vie en créant ses valeurs. Les actes qu’il agit le constituent et rendent son existence signifiante.

Lorsque nous choisissons une démarche thérapeutique, il est fréquent que les causes aient nom : souffrance, solitude, douleurs, liées au passé ou à des évènements présents douloureux. Notre histoire de vie a joué sur notre présent. Les évènements de l’enfance, les influences des adultes d’alors, ont conditionné notre regard sur le monde, les hommes, les femmes. Notre capacité de réaction au présent sont liées à notre constitution, croyances, identifications, etc.

 

En Gestalt, le thérapeute va porter son attention sur ce qu’il se passe, ce qui se manifeste : les postures, les échanges verbaux et non verbaux, les émotions qui se répondent, les pensées qui émergent, et comment ces éléments évoluent au cours de la séance, et du chemin thérapeutique.

Cette observation précise, factuelle, fine, permet de prendre conscience de tous ces « petits riens » qui parlent de soi, et que notre conscience ne perçoit pas ou peu. Le thérapeute va servir, là, de miroir à son client, avec bienveillance et empathie.

 

Il y aura un temps pour la plainte, nécessaire, et l’analyse des éléments de ce parcours de vie. 

Et viendra le temps où chacun devra prendre la responsabilité de ce qu’il va faire de ce passé, de ces influences. Le temps des choix, des décisions, et de l’action responsable !

Les pressions existentielles

Comme Etres humains nous sommes soumis à des contraintes existentielles face auxquelles l’angoisse émerge et nous étreint. Elle est angoisse du néant, du vide, de notre  propre liberté vertigineuse face aux innombrables possibles,  et de notre mort.

Nous sommes libres de nos choix, et responsables de nos actes, mais seuls face à ces décisions et leurs conséquences.
Nous sommes limités,  et contraints de nous accepter comme Etres imparfaits.  
Nos actes donnent sens à nos vies, mais l’absurdité de la fin, inhérente à notre condition, nous interroge sur le sens de La Vie.

  • La Solitude : Nous sommes seuls, face à notre quotidien, de la naissance jusqu’à notre mort. Seuls face aux choix essentiels, seuls avec et malgré les autres, parfois plus seuls encore au milieu des autres.
  • La finitude : avec et malgré notre condition d’êtres intelligents, évolués, qui vivons dans un monde qui cherche à repousser sans cesse les limites et y parvient souvent, nous sommes contraints de subir les renoncements imposés par la vie, les pertes, les séparations, la souffrance et la mort : la nôtre et celle de ceux que nous aimons, la peur de la souffrance, le vide du "et après?", auquel chacun trouve la réponse qui rassure, qui remplit le vide, et qui parfois fait sens.
  • L’Imperfection : Ou le nécessaire et obligatoire renoncement à l’ image idéale de nous même, et des autres : comme Etres, comme parents, comme enfants, comme compagnes et compagnons, comme professionnels, etc. .Il nous est nécessaire de savoir identifier de façon juste nos compétences et notre puissance.  Par voie de conséquence, nous sommes contraints à accepter nos limites, nos incompétences, nos incapacités, les reconnaître comme preuve de notre humanité, et faire avec, en toute humilité. Le chemin d'une vie !
  • La Quète de sens : En réponse à ce monde absurde et cette condition d’Etre cheminant vers sa propre mort, chercher, vouloir trouver, donner, un sens  à sa vie. Vivre pourquoi ? pour quoi ? pour qui ? Trouver sa place, transmettre, décider de la trace à laisser, et vérifier le possible.
  • La Responsabilité : Petit espace de liberté dans notre océan de contraintes.  Nous sommes responsables  (co-responsables) de nos choix, dans la mesure de notre liberté, et  contraints d’en assumer les conséquences.  Habités par la peur, la terreur parfois, de ne pas savoir, de se tromper, nous cherchons à éviter par le déni, le mensonge, le non dit, etc. Choisir ou ne pas choisir est un choix. Et choisir c'est gagner parfois, et perdre en même temps !

A la lecture de ces quelques lignes il est vite évident que ces "contraintes" se mêlent, s'appellent et se complètent. Elles sont parties intégrantes de notre existence d'Etres humains. Alors, cheminons avec, malgré l'angoisse, avec courage et ténacité !
 

 

 

 

 

 

 

Témoignages

...Marie Charles m'a dit un jour : ne vous attendez pas à trouver ici la "thérapie magique", qui, même au prix de longs efforts vous délivrerait de vous même. Vous connaitrez ici le travail de la responsabilité , son côut et sa valeur ajoutée. Vous apprendrez à vivre avec ce que vous êtes, à choisir en tous cas. (DG)

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"Que dire de ma thérapie avec vous, si ce n'est qu'enfin c'en est fini du déni, que j'apprends tout doucement à faire "avec... autrement", que votre présence me permet de garder la tête hors de l'eau et de mettre en lumière ma part de responsabilité dans ce qui ne fonctionne pas dans ma vie... et aussi de voir ce qui n'appartient qu'aux autres et cela c'est très nouveau pour moi..." (VM)

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